Que faut-il faire lorsqu’un fleuron de l’industrie camerounaise, dans le secteur stratégique de l’aluminium tel qu’Alucam est rongé par un cancer managérial contre lequel toutes les formes de logistiques médicamenteuses ont non seulement montré leurs limites mais (aussi lamentrablement échoué ? Depuis que l’Etat du Cameroun en est devenu le propriétaire exclusif avec 93,4% du capital de cette entreprise, la question est sur toutes les lèvres. Pour comprendre l’intérêt que portent les Camerounais à cette nouvelle curiosité de leur pays (après les scandales révélés par le projecteur médiatique sur les «éléphants blancs» au cours de la décennie 90, il suffit de se rappeler que cette entreprise installée à Edéa, dans le département de la SanagaMaritime, était promue à un bel avenir dès sa création en 1957 jusqu’au départ du Groupe RIO TINTO Alcan en 2015. Là déjà, le mythe des experts blancs venus apporter la lumière dans les arcanes d’Alucam avait volé en éclats ; avec les sanglots de Titi Manyaka qui sera viré peu de temps après un constat de flagrant délit d’échec ; et pour cause ; l’ambition – entre autres – de construire un complexe hydro-électrique pour permettre à Alucam de s’autorisera en matière de fourniture d’énergie électrique ne fut, à la réalité, qu’un voeu pieux ; tout comme d’ailleurs, le fut, celui de procéder à une extension des installations de cette usine qui a longtemps fait la fierté des Camerounais. Mais que d’espoirs déçus ! Pire, que de promesses non tenues et qui ont gravement compromis le Développement harmonieux de cette importante unité de production et de transformation d’alumine dont le pays tout entier attendait tant !

N’ayant pu apporter de réponse nous-mêmes à notre premier questionnement, à savoir «Que faire», cher lecteurs pardonnez-nous notre pertinence si nous en posons un deuxième : Comment en est-on arrivé là? Il serait en effet d’un grand secours et d’une utilité certaine pour les pouvoirs publics – après qu’ils aient entendu les borborygmes émis par Alucam qui s’étrangle au fil des jours, privée de salut – de s’interroger pour comprendre ce qui a pu rendre aussi impur le coeur de ceux à qui a été confié, le destin d’Alucam ; de Titi Manyaka à celui qui s’est volontairement ou non présenté comme candidat à la succession du premier, avec malheureusement toutes ses tares et ses incompétences !

Le Directeur Général actuel d’Alucam, Alain Malong ne peut pas réussir sa mission. Pour se faire, il lui aurait fallu au préalable élaborer un chronogramme ; mais il ne semble jusqu’ici disposer pour feuille de route que celle que lui imposent les réseaux mafieux qui sont à la manoeuvre du Secrétariat général du Premier Ministère dominé par la haute structure de Séraphin Magloire Fouda, et cela jusqu’au bras de l’échelle ; avec toutes les incidences négatives que l’on peut imaginer sur l’appareil de production d’Alucam :

Aggravation des conditions de travail déjà détériorées, cessation de fonctionnement des cuves, raréfaction des matières premières telles que le brai, le Coke, manque de matériel de première nécessité. etc… Une descente sur les installations d’Alucam nous a permis «de constater que certains employés travaillent»  avec des tenues déchirées.

En réalité, beaucoup parmi eux rasent les murs et dénoncent des choses inimaginables dans une usine normale, comme par exemple, le fait pour les techniciens de ne pas disposer de gants! Voilà aussi à quoi peut conduire un tel environnement de magouilles où personnels infraction n’est rappelé à l’ordre ni sanctionné et où la norme établie est la pratique généralisée des bakchichs !

Dans de telles conditions désespérasses, combien de revendeurs se bousculeraient aux portes d’Alucam ? Sans surprise, aucun.

Source: Samuel Mben Mben (Habeas Corpus)

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