Le maire de la commune de Songloulou, le Dr. Robert Batoum Batoum voudrait que le barrage exploité par Energie of Cameroon participe au développement de sa commune.

Dans sa déclaration sur les antennes de la CRTV, le nouveau maire de Massock-Songloulou décrit la situation dans sa commune :

«Vous pouvez passer deux, voire trois semaines, sans que l’énergie ne soit disponible dans cet arrondissement. Cela nous embête. Nous ne pouvons pas comprendre que nous soyons le ‘cœur du pays’, et que nous soyons les derniers, pour ce qui concerne l’énergie».

La Centrale hydroélectrique de Songloulou implantée dans cette commune d’arrondissement, avec une capacité de production de 388 MW est la plus importante du pays. Mais la commune ne bénéficie d’aucune retombée de sa principale ressource, d’où le regret du magistrate de la communune : «Le gros regret que nous avons, c’est que nous de Songloulou, nous ne pouvons pas avoir une si grosse unité de production d’énergie qui est la première du Cameroun, et ne bénéficier d’aucune retombée. Nous avons déjà entrepris des démarches auprès d’ENEO, pour que réparation soit faite, pour que la mairie qui est l’institution qui représente les intérêts des communautés, puisse recevoir quelque chose de la part d’ENEO, afin qu’elle puisse assumer normalement ses promesses vis-à-vis des populations».

Ainsi le maire PCRN (Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale) de la localité, appelle ENEO à initier les projets de développement dans sa communauté.

Sanaga Maritime Info

Honorable François BIBA

Le député du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN) dans le département de la Sanaga-Maritime (Littoral), l’honorable François Biba donne l‘alerte d’une sérieuse menace qui pèse sur les communautés dans son département d’origine et aussi dans celui du Nyong et Kellé dans la région du Centre. Il s’agit du projet de réalisation du barrage hydroélectrique «Grand Eweng». Il a adressé à cet effet à la date du 20 août 2020, une lettre ouverte au Président de la République, S. E. Mr. Paul Biya, pour émettre des réserves sur la réalisation de ce projet hydroélectrique.

Selon le député de la Nation la réalisation de ce projet provoquerait un grand tort aux communautés des deux départements avec la disparition de «près de 127 villages Bassa», et le déplacement forcé de milliers de personnes contraintes d’abandonner leurs terres. Pour l’honorable Biba cette infrastructure contribuera à coup sûr à réduire le déficit énergétique du Cameroun, il devrait générer 1800 mégawatts d’énergie au Cameroun à l’horizon 2025, et le coût global de sa réalisation s’élèverait à 1500 milliards FCF. Cependant il provoquerait une catastrophe écologique sans précédent, si les mesures idoines ne sont pas prises dès maintenant. A en croire l’honorable Biba, ce sont des milliers d’hectares de forêt qui seront détruits, la disparition d’espèces protégées, la disparition des espèces sauvages, l’expulsion des agriculteurs et la destruction des milliers de plantations…

Ci-dessus la lettre de l’honorable François Biba à Paul Biya :

Honorable François BIBA

Député de la nation

A son Excellence monsieur le Président de la République du CAMEROUN,

Objet: Réserves sur le projet de construction du barrage « Grand EWENG  »

Excellence Monsieur le Président de la République,

En date du 06 août 2020, sous votre très haute instruction, monsieur le Premier ministre chef du gouvernement, a signé le décret N°2020/3200/PM en annulation du décret N° 2020/3262/PM du 14 juillet 2020 portant classement au domaine privé de l’Etat d’une portion de forêt de 68 385 hectares constituée en UFA (Unité forestière d’aménagement) 07 006 dans les Départements du Nkam et de la Sanaga Maritime.

Excellence monsieur le Président de la République, les populations vous sont grandement reconnaissantes.

Toutefois, nos préoccupations ne s’arrêtent pas avec ce décret. Aujourd’hui, nous nous retournons vers vous afin de vous exposer les interrogations des populations quant au projet “Grand EWENG ».

En effet, la construction de ce barrage à cheval entre deux régions (Littoral et centre ) et deux départements ( Sanaga Maritime et Nyong et Kéllé) suscite des inquiétudes et des interrogations.

Par cette lettre, nous voulons qu’une attention particulière soit apportée à la réalisation de ce projet car il traîne avec lui d’énormes conséquences:

  • Destruction des forêts qui étaient une solution au problème crucial de dérèglement climatique,
  • Une hécatombe pour les espèces sauvages. Le site abritant des milliers d’espèces aurait pu être classé en “zone naturelle à préserver”. Ce qui viole d’ailleurs l’accord du 26 octobre 2007 portant sur la conservation des gorilles et de leurs habitats.
  • L’ expulsion des agriculteurs par la destruction de plusieurs hectares de plantations. L’agriculture représente près de 30 % du PIB. Elle nourrit des familles qui en dépendent entièrement. Le barrage mettra ainsi à mal le principe de l’auto suffisance alimentaire qui vous est si chère.
  • La violation des dispositions légales à savoir, la constitution camerounaise en son préambule “(…) l’Etat assure la protection des minorités et préserve les droits des populations autochtones conformément à la loi. ..”

En son titre premier, article premier “(…) Elle reconnaît et protège les valeurs traditionnelles conformes aux principes démocratiques, aux droits de l’homme et à la loi. (…)”.

Excellence Monsieur le Président de la République, ce barrage tel qu’il est vendu à ce jour apportera probablement des améliorations quant aux conditions de vie des populations. Encore faudrait-il qu’il respecte les règles juridiques, techniques et sociales qui encadrent généralement les chantiers de cette envergure. Notamment quant à sa faisabilité, le processus d’implantation et le process mis en place.

1) L’effectivité des études préalables.

En effet, une étude devrait être faite en amont du projet afin d’évaluer et d’identifier l’impact environnemental aussi bien sur la faune que sur la flore.

Excellence Monsieur le Président de la République, nos forêts abritent une riche biodiversité permettant d’atténuer les effets du dérèglement climatique. De ce fait, une étude portant sur une possibilité d’éviter la destruction de cette nature est indispensable. Au cas où la destruction serait indéniable, des mesures devraient être prises afin de réduire les destructions puis de les compenser en créant sur un autre terrain l’écosystème qui a été détruit.

2) L’ évaluation minutieuse du patrimoine qui sera perdu.

Excellence monsieur le Président de la République, près de 127 villages Bassa seront rasés et disparaitront au profit de la mastodonte “Grand EWENG “ et donc des centaines de milliers de personnes devront quitter leur terre.

Le peuple Bassa s’est toujours établi près des cours d’eau. Ce projet tuera la tradition du Mbog si chère au peuple Bassa et qui ne peut s’exercer qu’au travers des plantes et des arbres issus des forêts.

Le patrimoine culturel et économique constitué des sites historiques et anthropologiques de la traversée de la Sanaga, les lieux culturels sur le Mont Ngodi, les ressources naturelles, base de la pharmacopée traditionnelle seront détruits.

Le 09 mai 2018, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, avait pris le Décret N° 2018/4175/PM portant incorporation aux domaines privés des Communes de Ngog-Mapubi et de Dibang, d’une portion de forêt de 14 107 hectares dénommée « Forêt Communale de Ngog-Mapubi et Dibang ». Il est clair que si ce le Projet “Grand EWENG” est exécuté en l’état actuel, cette forêt Communale chargée des lieux historiques, sacrés et cultuels sera largement inondée ou mieux deviendra une île inaccessible.

Sanaga-Maritime-Info

Des coupes massives non autorisées sont effectuées dans divers arrondissements, au grand dam des populations riveraines, dont certaines ont décidé de réagir.

En pointes irrégulières, les crêtes du massif forestier se détachent sur la ligne de l’horizon. Le vert foncé de la canopée vigoureuse et pétulante contraste avec le blanc-azur d’un ciel au bleu pâle et aux nuages cotonneux. La vision est idyllique, édénique, paradisiaque. Et quelle que soit la direction dans laquelle le visiteur regarde, il se sent perle dans un écrin émeraude. Nous sommes à Poutkak, village de l’arrondissement de Ngambe, dans la Sanaga-maritime. Et nous sommes également en bout d’illusion : parce que la terre de ce concentré de Mère Nature est lacérée, violée par de vils intérêts. Ceux d’exploitants forestiers illégaux qui sévissent çà et là dans le département, et ce depuis de longs mois.

Les populations riveraines, lésées de plusieurs manières par cette activité, ont commencé à protester, à saisir les autorités, etc. Que ce soit à Poutkak, à Botko, Nsoumè, Bakombè I ou Bakombè II dans l’arrondissement de Ngambè, à Songmbengue ou à Ndogndjie, dans l’arrondissement de Massok-Songloulou… Jeudi 13 août dernier, sur l’initiative du Comité de développement de Ndogmakumak, un voyage de presse étalé sur deux jours a permis à des hommes de médias d’en savoir un peu plus sur le phénomène, ses conséquences et les réactions qu’il suscite.

Aux abords de la résidence du chef de Poutkak, Louis Mahop Ntamack, deux grumiers chargés de billes de bois sont immobilisés devant une barrière de pluie depuis environ deux semaines. Le châssis et les roues sont maculés de boue séchée, indication claire de l’état de la route par laquelle les poids lourds sont passés. Les engins ont été saisis par la commune. Les chauffeurs ne sont plus là, et le seul motor-boy visible ne renseigne pas sur le propriétaire des véhicules. D’ailleurs, les riverains non plus disent ne pas savoir qui sont ces « exploitants illégaux », qui entrent clandestinnement dans les forêts, se servent et s’en vont. A répétition. Un scénario à peine croyable, tant l’aplomb, le culot, l’audace de ces forestiers véreux étonnent. « C’est depuis le mois de janvier 2020 que ces opérations de coupe illégale ont été constatées à Ngambè. La commune n’a été ni informée, ni approchée.

Pareil pour la chefferie », déclare Simon Pierre Bimai, maire de la commune de Ngambè. Un bref coup d’œil sur les billes de bois retenues par des chaînes, et il relève qu’avant ces coupes anarchiques, des exploitants opéraient du côté de Massock-Songloulou, arrondissement voisin. Puis, manifestement, leurs appétits se sont aiguisés pour la forêt d’à côté. « Ils font des incursions sur notre territoire sans que personne n’en parle », déplore le maire Bimai.

Outre la commune, les riverains ont réagi, saisissant notamment la sous-préfecture et la préfecture. Et le comité de développement de Ndogmakumak a constitué un collectif d’avocats pour la sauvegarde des intérêts de la communauté.

Source : autre

 

Un mémorandum d’entente signé hier à Yaoundé entre l’Etat et la Société camerounaise d’industrialisation et d’exploitation du bois (Scieb)
Le projet de renaissance de la filière forêt-bois dans la ville d’Edea prend progressivement corps. Hier, à Yaoundé, a été paraphé le mémorandum d’entente entre l’Etat du Cameroun et la Société camerounaise d’industrialisation et d’exploitation du bois (Scieb).
Les deux parties étaient respectivement représentées par le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt), Gabriel Dodo Ndoke et Mohamadou Hamida, directeur général de la Scieb.
Ce memorandum of undersatnding s’inscrit dans la perspective de la mise en place prochaine de la technopole forêt-bois sur le site de la défunte Cellulose du Cameroun (Cellucam) à Edea.

Soucieux de doper la valorisation industrielle du potentiel forestier et ligneux national, la Scieb s’engage, à travers ce projet à mettre sur pied une chaîne industrielle d’exploitation et de (multi)transformation du bois.
Un écosystème durable et compétitif dont les investissements vont s’échelonner sur trois phases. Entre 2020 et 2022, le promoteur privé envisage réaliser un complexe industriel de haut niveau de production et de première, deuxième, troisième et quatrième transformation du bois. Y seront adossés : un centre de formation aux métiers du bois, une zone de recherche et de développement ainsi que des structures commerciales et d’accompagnement des entreprises et Pme de la filière.
A moyen terme (2022-2024), il est prévu la construction d’une unité de production de bioénergie à base des rebuts de la production. A terme,à l’horizon 2024-2027, la Scieb entend implanter une usine de production de pâte à papier. A l’issue de la réalisation de ces différentes phases, la mobilisation des investissements va atteindre environ 80 milliards de F.
A cela s’ajoutent, selon le Minmidt, la création « d’au moins 2000 emplois directs et 6000 emplois indirects » et des retombées positives dans la fiscalité locale des communes qui seront impactées. Il faut préciser que ce partenariat public-privé s’intègre idéalement dans la mise en application du Plan directeur d’industrialisation (Pdi), «priorité du septennat en cours».
Tout en réaffirmant la disponibilité du gouvernement à accompagner la Scieb dans la réalisation de ce projet, Gabriel Dodo Ndoke a exhorté cette dernière au respect des engagements contractuels et des délais de mise en œuvre.

Source : Cameroun tribune

Le 09 avril 2020, Me René Roger Bebe deuxième adjoint au maire de la commune d’arrondissement d’Edéa 1er, dans la région du Littoral offre des dons d’une valeur de 2,5 millions de FCFA aux populations de sa circonscription communale (quatorze au total), constitués de fûts avec robinet, tables pour lavage des mains, savons, solutions hydroalcooliques, masques et gants.

 

Selon le quotidien Le Messager dans son édition du 13 avril 2020, cette action s’inscrit «dans le cadre de la campagne citoyenne de sensibilisation et de soutien aux populations qui ploient depuis quelques semaines, sous la menace de la pandémie du Covid-19».

Le maire PCRN (Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale) en a profite pour appeler les populations à prendre conscience que le Coronavirus est une réalité effective au Cameroun, à respecter les mesures barrières contre la pandémie.

«Je vous recommande de faire bon usage des dons reçus, de respecter en toutes circonstances les règles d’hygiène prescrites, de rester sereins et de ne pas céder à la panique», leur a-t-il dit à chaque étape. «Aux commerçants je demande d’une part de veiller à ce que les clients soient reçus chez vous dans la stricte observance des mesures barrières en mettant à l’entrée de votre commerce, le dispositif pour le lavage des mains et respect de la distanciation sociale et d’autre part, de ne pas céder à la tentation de la spéculation».

Cette operation se poursuivra dans d’autres localités de la commune dans une seconde phase: «la deuxième phase de cette opération citoyenne de sensibilisation et de soutien aux populations suivra bientôt et couvrira le reste du territoire communal notamment le Canton Yassoukou, la Ferme suisse et autres quartiers tels que Beon, Koukoue, Apouh, Nkankazok, Bisseke, Aommobah, Batombe, etc…».

 

 

UN GROUPE DE JOURNALISTES AVEC UNE FIGURE PROEMINENTE DU GHOTA INTELLECTUEL ET POLITIQUE CAMEROUNAIS, SHANDA TONME, Médiateur Universel du Mouvement populaire pour le dialogue et la réconciliation (MPDR – PMDR), et président de la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination (COMICODI), auteur inégalable de dizaines d’ouvrages.

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Ciblage : Riposte du Gouvernement camerounais, quel jugement ? Comment comprendre la décision du MINAT par rapport aux collectes privées des fonds ?  Le rôle des partis et des associations ? Comment cette crise sanitaire a changé les relations internationales ? Les espoirs de sortie de crise et les lendemains.

 

Découvrez des réponses sans détours.

1 – Tout le monde connait votre franchise, de même que votre caractère incisif quand il s’agit de dire la vérité, et de plus, vos analyses sont très suivies. Donc, nous vous sollicitons ici à un moment crucial, pour notre pays et pour le monde. Que pensez-vous de toute cette affaire de coronavirus ?

ST : Pour une affaire, c’est franchement une grosse affaire, un drame sans nom, un trouble généralisé de l’ordre international et des agendas nationaux dans tous les sens du terme, dans tous les compartiments et à tous les niveaux de considération. On a de la peine à imaginer ce qui se passe, un tel bouleversement des dispositions et prédispositions scientifiques, économiques, commerciaux, financiers et diplomatiques planétaires.

2 – Dites-nous Professeur, où vous situez-vous dans le concert des opinions qui sont émises sur la riposte de notre gouvernement face à cette pandémie ?

ST : Je ne comprends pas bien le sens de votre question. Merci de la préciser

3 – Pour faire court, comment appréciez-vous la réponse du gouvernement ?

ST : Alors, pour une fois, je dis qu’elle est parfaite, pas avec toutes les mesures d’accompagnement en comparaison avec ce que l’on a vu dans certains pays, mais du moins pour ce qui concerne la réactivité, la communication, l’organisation spatiale et l’implication des principaux démembrements de l’Etat au centre et dans les villes et dans les régions excentrées.

4 – Mais ne craignez-vous pas d’être contredit par ceux qui continuent d’avoir un avis contraire voire très critique ?

ST : Ecoutez, je ne parle pas pour faire plaisir à qui que ce soit, ni pour attendre des félicitations ou des remontrances de qui que ce soit. J’ai du reste rendu public plusieurs communiqués, déclarations, appels et mises au point à ce sujet. D’ailleurs, faudrait-il le rappeler, je me suis exprimé en tant que promoteur d’association de lutte contre la discrimination et la corruption, en tant que leader de parti politique, en tant que citoyen. C’est mon devoir de prendre position le plus promptement et le plus clairement que possible dans toute situation préoccupante pour la société, pour le monde.

5 – Que répondez-vous à ceux qui estiment que le gouvernement ne fait pas assez ?

ST : Ecoutez, c’est leur opinion. La mienne procède de ma vision des choses, de mon analyse des faits et des observations sur le degré de mobilisation, d’implication des hauts responsables, de sensibilisation des citoyens et des moyens. Il ne faut pas trop demander aux anges ni soumettre le bon dieu à toutes les conditionnalités. Dans aucun pays au monde, les réponses n’ont été absolues, catégoriques et irréprochables. Je peux d’ailleurs affirmer que nous avons mieux fait et plus vite qu’un pays comme la Grande Bretagne et le Brésil dont les chefs de l’exécutif ont traîné les pieds et attendu longtemps avant de décider de certaines mesures.

6 – Selon vous, on peut même féliciter notre gouvernement ?

ST : Absolument oui, et je n’ai pas hésité à le faire, à la fois pour l’histoire, par honnêteté intellectuelle et par sens achevé du patriotisme. Voyez-vous, l’habitude de la critique systématique est cruellement contreproductive et dessert lourdement les chantres de cette stratégie. Que gagne-ton vraiment à vouloir tout noircir, tout dénoncer, tout critiquer, ne jamais rien reconnaître de bien même quand c’est évident ? Placez-vous dans le processus de l’éducation et de l’encadrement d’un enfant. Si vous adoptez la logique de le gronder tous les jours sans aucun répit, sans jamais reconnaître la moindre bonne conduite, le moindre travail bien fait, alors vous fabriquez un ennemi qui vous détestera aussi. Et puis, pour les observateurs, les voisins, ce ne sera plus l’enfant qui est en faute, ce sera vous qui êtes mauvais. Vous devenez le problème et non la solution, contrairement à vos prétentions, allégations et proclamations.

Nous avons tous par exemple constaté un certain flottement voire une sorte de cacophonie dans le confinement des passagers débarqués des avions. Certains lieux étaient mal lotis, sans parler de la mauvaise coordination avec les hôteliers et l’alimentation. On peut d’ailleurs comprendre pourquoi certaines personnes se sont échappés en mettant en danger toute la société. Mais pour ce que je sais, des corrections utiles ont été apportées par la suite.

7 – Voilà qui nous mène tout droit sur l’affaire MINAT contre MRC. Quel jugement portez-vous sur l’interdiction de l’initiative de ce parti de réunir les fonds pour exprimer la solidarité aux victimes de la maladie ?

ST : Franchement, je suis très peiné par tout le bruit fait sur cette affaire que je considère comme une passe d’armes tout à fait inutile, sans objet à la limite et dénuée de sens objectivement.

8 – Pouvez-vous préciser votre pensée ?

ST : L’initiative du MRC était louable et le demeure, mais la mise en œuvre a été complètement ratée sur le plan procédurier, légal et administratif. Je ne pense pas faire injure à la vérité et au droit, en faisant cette affirmation. Nous sommes malheureusement dans un contexte où tout ce qui crée la polémique est très applaudi, nourrit de gros titres dans la presse et excite de nombreux esprits négatifs. Je vous l’avais déjà dit ici, à propos de certaines déclarations du ministre Nji Atanga. Ce n’est parce que l’on attribue toutes les épithètes des bas étages, que tout ce qu’il dit et fait est forcément mauvais. Il demeure un membre du gouvernement et agit dans le cadre strict, je l’espère, de la politique conduite et supervisée par le premier ministre sous l’impulsion du président de la République tel que le dispose notre constitution.

9 – Pouvez-vous mieux élaborer sur cette question ?

ST : En somme, la démarche du ministre est légalement et constitutionnellement fondée, tant au regard des dispositions propres à l’organisation des quêtes et des collectes sur le territoire de la république, qu’au regard des prérogatives et privilèges de l’autorité de supervision et de sanction des activités des partis politiques et des associations. Je le dis parce que j’ai entendu et lu des choses les plus étonnantes venant parfois de personnes et hauts cadres supposés avoir la maîtrise des textes, des usages, des pratiques ainsi que des sources doctrinales et jurisprudentielles en la matière. Que voulez-vous, en tant qu’enseignant et juriste, léguer aux apprenants, aux enfants dont vous avez la charge de l’encadrement ? Voulez-vous leur inculquer vos opinions et certitudes politiques et idéologiques, ou leur fournir des éléments justes et vraies d’appréhension de la science, de l’histoire et de l’état des lieux contextuel ?

Les quêtes et les campagnes de collectes des fonds sont réglementées, et sont effectivement soumises à l’autorisation du ministre de l’administration territoriale, ce qui ailleurs est le ministère de l’intérieur. En réalité, cela procède d’un entendement logique simplement normé dans chaque contexte national. Je vous dirai que c’est même plus strict et plus sévère dans la plupart des pays du monde depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats Unis qui ont changé les rapports avec les associations de toute nature partout. Prenez un schéma d’un laisser-aller où on aurait des personnes morales qui se lèvent et décident de collecter des fonds ouvertement à travers le pays. Imaginez-vous tout ce que l’on pourrait en faire ? C’est d’ailleurs pour cela que le régime de la loi de 1990 sur les associations par exemple, induit l’interdiction de s’appuyer sur des dons et des supposés legs, comme source de financement des activités.

10 – A votre avis, pourquoi cela a coincé ?

ST : C’est une évidente question d’inattention, de légèreté ou alors de méprise délibérée. On ne peut pas dire que la pléiade de juristes que compte ce parti, ait perdu de vue le sens des lois et la lecture du droit. Tactiquement il y a eu faute. Rien n’empêchait de soumettre une demande suffisamment motivée au ministre de l’administration territoriale et même de solliciter une séance de travail à cet effet. La cause aurait mieux prospéré sûrement. Or en cas de refus, les promoteurs auraient facilement conquis l’opinion pour se présenter en légaliste et en républicains éconduits. Voilà pour l’essentiel. Encore qu’il faille d’abord apporter la preuve de la défaillance du gouvernement comme cela a été clamée.

Très sincèrement, les leaders de ce parti se retrouvent dos au mur après avoir boycotté le double scrutin législatif et municipal qui leur aurait permit de se positionner dans la vraie gestion du pays. Il faut trouver à tout prix des portes de sortie et de survie, des voies et des moyens d’expression, y compris conflictuelles et objectivement improductives. Or il faut bien payer un prix pour ce qui ressemble à un véritable suicide politique comme je l’avais déjà souligné sans ambages ni détours. Il faut surtout expliquer et justifier, ce qui me semble absolument impossible, aux militants, aux jeunes maladroitement fanatisés et embarqués malgré eux, dans un train dit de changement qui n’a plus qu’un moteur instable et aucune gare d’arrivée certaine, un peu comme les navires de croisière refusés dans différents ports parce qu’infecté par le coronavirus.

11 – Mais dites, Prof, ils soutiennent que l’absence du Chef de l’Etat constitue un problème ?

ST – Je veux bien me ranger à cet avis, à cette façon de voir et de concevoir la gestion d’une crise, cependant il me semble encore important une fois de plus, de ne pas mélanger les choses. Que Paul Biya n’ait pas pris la parole crée quel blocage dans la prise en charge des malades et dans la mobilisation des moyens et des ressources structurelles de tous ordre de l’Etat ? J’ai beaucoup plus entendu pleurnicher sur le président qui ne parle pas, que sur la qualité de la prise en charge et l’organisation de la riposte. Par ailleurs, les problèmes de notre système de prise en charge de la santé des citoyennes et citoyens en général ne sont pas nouveaux et il vaudrait mieux en parler, en parler et en parler de façon constructive, pragmatique et moins belliqueux, que de nous mettre le sable dans les yeux pour un moment avec le coronavirus.

12 – Et l’absence du Grand Chef ?

ST – D’accord, le chef de l’Etat n’a pas parlé, mais est-ce nouveau ? Si c’est seulement maintenant que des gens découvrent le système de fonctionnement et le caractère très secret et silencieux de Paul Biya, alors il faut convenir qu’ils ne connaissent pas le Cameroun, ni le système de gouvernance de ce pays, à moins de s’être réveillé après un long sommeil éthylique et commencer à se tromper complètement de terre natale. Je reprouve même les injures faites à l’endroit de Paul Eric KIngué. Ce n’est pas normal quand on a été dans une alliance, même simplement de circonstance. On ne va pas sur la place publique pour étaler des injures à l’endroit d’un partenaire politique avec lequel on a divorcé. Ce n’est pas bien, ce n’est plus de la politique, ce n’est pas intelligent, ce n’est pas acceptable. On abuse, on dépasse les bornes en entrant jusque dans les origines des gens leurs géniteurs, leur vie strictement privée. Non, il faut arrêter.

Le Coronavirus ne doit pas servir de prétexte pour mener à toutes les dérives. Cela, je l’ai dit, personnellement et au nom de mon parti. Nos frères et sœurs qui de l’étranger attisent ce genre de dérives, au point d’en appeler à ne plus respecter les lois et à déclencher la guerre civile, une guerre dont ils ne supporteront aucun sacrifice, devraient sonner la fin de la récréation. Le débat, s’il y a débat, devrait être franc, propre, convivial et encadré éthiquement. Et puis, c’est au Cameroun, sur place, avec les réalités et au contact des problèmes et attentes quotidiennes, que se joue notre destin, et non pas ailleurs, jamais ailleurs. Double nationalité ou nationalité unique, le nombril de naissance est planté ici.

Et puis, je l’ai souvent dit, redit et répété, et je le redis encore : il faut laisser le père, grand père et patriarche tranquille. Je l’affirme et insiste pour au moins deux raisons concrètes au-delà de toute polémique : Paul Biya n’a pas accédé au pouvoir par le sang, contrairement à une logique des années qui l’ont vu être installé à la tête de l’Etat du Cameroun. Il n’a ni rusé, ni entrepris des mécaniques guerrières pour cela. Il n’a tué personne pour cela. Il a vécu et géré le pays à sa manière jusqu’ici, avec le bilan que l’on sait, avec les ressources humaines que l’on sait et le contexte que l’on sait. Ce n’est pas un destin quelconque, c’est son destin et il ne le partage et ne le partagera avec personne d’autre. Et pour son âge, il mérite d’être laissé tranquille comme un patriarche qui est sur le départ naturellement. C’est quoi le problème d’être maintenant si pressé de l’évincer, au point de vouloir mettre le feu au pays ?

13 – Vous ne partagez donc pas le discours de “peuple en danger de mort” ?

ST – Arrêtez-moi cette blague. Si c’est seulement aujourd’hui que les auteurs de ces proclamations morbides découvrent l’état des lieux au Cameroun, alors je dis qu’ils ne sont pas sérieux. Combien de malades sont en détresse permanente dans les formations sanitaires ? Combien de gens crèvent sur nos routes ? Combien de jeunes diplômés se donnent la mort faute d’emplois ? Combien d’enfants de moins de 15 ans quittent l’école chaque année ? Combien de familles ont accès à l’eau courante ? Combien de déflatés des anciennes entreprises publiques crèvent sans avoir reçu une pension ? Voilà autant des champs de travail de protestations et de propositions. Mais comme je le dis et le répète, l’art de la critique systématique axée sur la confrontation préalable est contreproductif et ne sert ni les intérêts du peuple, ni même au final les intérêts des auteurs. Ecoutez, vous vous levez un matin, vous commencez par décréter qu’un gouvernement ou qu’un régime et son chef ont échoué, que le peuple est en danger, et qu’en conséquence vous allez rassembler un budget pour vous substituer à eux. Mais il y a un problème sérieux avec cette façon de faire, surtout dans le pays que l’on appelle Cameroun.

Quand avez-vous constaté que le gouvernement ne prend pas en charge les malades ou les cas diagnostiqués positifs ? Vous voulez faire concrètement comment en collectant l’argent ? Créer vos hôpitaux, votre Etat, votre administration, vos ministres et vos chefs de terre, ou alors redistribuer l’argent aux malades ?

14 – Sur ce que vous dites, je crois quand même qu’ils avaient pris la précaution de prévoir un représentant de la DGSN dans la gestion des fonds ?

ST – Mais attendez, vous avez fait l’école ou non ? Et même si vous n’avez pas fait l’école, vous pensez vraiment que chacun peut rester dans sa cuisine et créer des choses pour ensuite y inclure des hauts fonctionnaires à sa guise ? J’ai été très étonné de lire dans la lettre du trésorier du parti au DG d’Afriland First Bank, qu’il y aurait un représentant de la Délégation Générale à la Sûreté Nationale, comme si l’auteur de la lettre était déjà premier ministre ou chef de l’Etat. Ah là non, c’est une autre faute qui a gâché une belle initiative. Et on retrouve le mal de la gouvernance que l’on combat, avec des correspondances sensées être privées qui inondent les tribulations des réseaux sociaux. Le plus grave c’est la myopie de certains types qui disent avoir fait l’école, et qui supportent n’importe quoi. Savez-vous qu’après les attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux Etats, le Gouvernement fédéral a ordonné la clôture de plusieurs milliers de comptes et le retrait de la licence à plusieurs institutions financières suspectées d’activités illégales, ou d’accointance avec des organisations inamicales et contraires aux justes intérêts nationaux des Etats Unis ? Retenez bien le terme « INAMICAL ET INTERETS NATIONAUX ». Tout se joue à ce niveau, et c’est la clé de la démarche interne et internationale des Etats dans leur souci de protection, de supervision et de contrôle. C’est le tenant du pouvoir, le régime en place, le gouvernement régnant, qui les définit, les détermine ou les interprète.

Et maintenant, ici même en Afrique plusieurs gouvernements sont passés à la vitesse supérieure dans la même logique, interdisant des quêtes et collectes privées au nom ou sous le prétexte du coronavirus, jusqu’à la distribution des aliments.

15 – Nous vous avons bien compris. L’initiative était louable, mais la mise en œuvre n’a pas respecté certains canons légaux et administratifs ?

ST – C’est juste, exact, et c’est ce qui arrive lorsqu’on se braque complètement. La bonne démarche politique consiste à prendre en compte l’état des lieux en ce qui concerne les rapports des forces, et d’en faire un usage opportun dans toutes les postures et dans toutes les actions envisageables. Je ne vois pas comment vous pouvez vouloir avancer, en feignant d’ignorer la simple réalité de l’existence d’un gouvernement, d’une administration publique et des ressources humaines installées et consolidées qui construisent, instrumentalisent, supervisent et orientent les décisions, l’activité économique, politique, culturelle et religieuse. Même le pape en personne, le Secrétaire Général de l’ONU ou encore le Président français, ne ferait pas autrement que de tenir compte de cette réalité. Maintenant, si vous voulez poser des actes pour l’applaudimètre et les vibrations inutiles de la rue, des quartiers et des allées des campus, allez-y, mais ne dites pas que vous êtes dans la bonne direction pour la conquête du pouvoir. C’est un pur leurre.

16 – N’êtes-vous pas trop durs ?

ST – Ah mais non, surtout pas. A mon âge et mon niveau d’expérience et de responsabilité sociale, académique et politique, je dois faire œuvre didactique chaque fois que je parle. La postérité témoignera de mon honnêteté et les générations futures de ma clairvoyance. Il faut dire la vérité aux gens, et accepter le risque de déplaire à un certain populisme inadéquat et suicidaire. Je suis moi-même le plus populiste des populistes, mais dans une logique raisonnable qui maximalise la prise en compte de l’état des rapports des forces et les attentes des populations. L’un de mes tous derniers ouvrages publiés en librairie en janvier est intitulé « Stratégies et tactiques pour le pouvoir, les nationalistes africains à l’épreuve ». Je vous le conseille vivement.

Nous vivons un moment historique dense, intense, sensible, délicat, crucial et déterminant de la formulation des nouveaux termes de référence du destin de notre pays. Ceux qui peuvent parler, qui ont le pouvoir d’influencer et d’orienter de manière salvatrice, doivent se lever et prendre la parole. Je l’ai fait durant les années de braise par rapport aux questions de discrimination ethniques qui se posaient au sein du SDF. J’avais alors subi les foudres de nombreuses élites Bamilékés et subi même en procès lors d’une réunion spéciale du bureau national de LAAKAM. Mais moins d’un an plus tard, tout le monde me donnait raison, parce que l’évolution avait largement dépassé en pire, ce que j’avais dénoncé et pour lequel on avait voulu me crucifier. Un homme public, un dirigeant, un leader d’opinion doit avoir cette capacité de surmonter les vagues du mensonge et les tribulations infectes du populisme instrumentalisé, quand le destin d’une nation ou d’un groupe humain quelconque est en jeu.

17 – Etes-vous dans une logique de père fouettard finalement ?

ST – Non, non et non. J’estime que certains rappels sont indispensables, et que quelqu’un doit à un moment s’en charger, évidemment quelqu’un d’audible avec de grandes épaules pour supporter les chocs de mécontents et des contradicteurs de mauvaise foi. Les gens meurent de jalousie et de haine, à tel point qu’ils ne peuvent même pas encourager quelqu’un qui fait bien son boulot. Regardez Manaouda Malachi, ce jeune et brillant ministre de la santé. Pourquoi s’attaque-t-on à lui, alors que son travail sur le terrain est impeccable, marquant et visible ? Moi je le félicite et l’ai même déjà fait par écrit. Il faut cesser de faire comme si parce que quelqu’un est ministre ou membre du parti au pouvoir, il n’a plus de valeur intrinsèque, il est mauvais des pieds à la tête, et depuis la naissance. Attaquons les bilans et exigeons plus de résultats en citoyennes et citoyens honnêtes, mais restons patriotes. Je rencontre plein de gens, qui ignorent que des personnalités comme Louis Paul Motaze, Jacques Fame Ndongo ou encore André Mama Fouda, ont été des majors de leurs classes, de leurs promotions, et dans des écoles prestigieuses et sérieuses. Cette observation n’est pas seulement valable pour nos enfants expatriés trop tôt dans l’âge de la tendre adolescence (15 – 17 ans), et qui devenus cadre ou raté tout court à l’étranger, parlent de leur pays comme d’une planète de monstres analphabètes. Il faut redescendre sur terre.

19 – Si on vous demandait de noter les membres du gouvernement qui sont sur la ligne de front de la riposte, comment les classeriez-vous donc ?

ST – Objectivement, je vois un premier ministre et son équipe au travail, avec une parfaite communication. C’est un tout avec ses couacs, ses manquements, et ses succès. Je ne peux pas me laisser aller au jeu des destructeurs qui ciblent tel ou tel ministre et se complaisent avec des injures dans les réseaux sociaux. Il est encore plus choquant d’assister à la sortie de blagueurs qui s’en prennent à un ministre qui pourtant révèle des expertises. Regardez par exemple le ministre de la recherche scientifique. Elle révèle les compétences dont dispose le pays à travers les structures de recherches de son département ministériel, une batterie de mille deux cent chercheurs, des avancées dans la capacité de produire des médicaments. Mais au lieu de s’en féliciter, quelques rigollots se permettent de l’offenser de la plus triste des manières.

20 – Il semble que les contradicteurs n’étaient pas d’accord avec sa thèse sur la chauve-souris ?

ST – Ce sont des fous, des écervelés, des provocateurs patentés et des illettrés au vrai. La Ministre Madeleine Tchuinté n’est pas n’importe qui dans le gotha intellectuel et scientifique. Il s’agit d’une des toutes premières pharmaciennes du pays, pétrie d’expérience dans tous les sens du terme et tenant fermement son département ministériel. Les gens auraient voulu entendre que nous ne pouvons pas, que nous ne disposons pas de chercheurs, qu’il n’y a rien, que nous sommes tout simplement déjà morts avant même l’arrivée du virus. C’est cela, l’habitude du pire, de la destruction, des pêcheurs en eaux troubles. On est allé jusqu’à trouver à faire parler sous anonymat, une dame infâme se disant du même village que la ministre, juste pour des insultes et des insinuations malveillantes. Non, c’est inacceptable. Je pense que les pontes du LAAKAM vont se charger de retrouver cette Fingong et la sanctionner sévèrement selon nos traditions. Elle ne peut pas se cacher longtemps. Le ministre est une Maffo, une vraie, et dans nos traditions, on n’insulte pas impunément une Maffo, même si on a mangé la viande de gorille, même si on se cache au ciel.

Et puis, ces gens se permettent de s’attaquer à tout le monde, en parlant des choses qu’ils ne connaissent pas et dont ils ignorent tout des tenants et des aboutissants. Pourquoi commencer à se plaindre que l’Etat a dépensé 90 millions pour les soins de Yves Michel Fotso ? Connaissent-ils ce dossier ? Sont-ils au courant que Yves Michel a versé un milliard et demi dans les caisses du trésor public, une somme qui n’aurait d’ailleurs jamais dû l’être ? C’est quoi cette furie de la destruction, de l’injure et de la provocation ?

21 – Mais Prof, vous faites fort encore. C’est quoi maintenant, le LAAKAM, votre parti ou le COMICODI ?

ST – C’est tout cela, et je mettrai volontiers en avant, la structure la plus appropriée dans n’importe quelle situation. Je m’en fous éperdument des plaintes et supputations. Ce n’est pas de moi que vous allez attendre la tendresse, le silence, la complicité ou la légèreté coupable. D’ailleurs, le seul vrai parti qui vaille la peine et qui mérite toutes les passions, toutes les énergies et tous les sacrifices, c’est le Cameroun. Considérez le Cameroun comme un parti dont je suis membre très actif et voilà, un point un trait. Mes convictions sont connues et ne sont pas négociables.

22 – Existe-t-il un pays africain qui vous a impressionné particulièrement par son plan de riposte ?

ST – Objectivement, au jour d’aujourd’hui, il est impossible de procéder à un tel jugement. Le constat que l’on peut faire à ce stade de développement et de l’expansion de la pandémie recoupe deux réalités trois réalités pratiques : la première c’est une division entre les pays dont les dirigeants ont vite pris la pandémie au sérieux et ont édicté des premières mesures, et les pays où les dirigeants ont trainé les pieds, allant parfois jusqu’à réfuter la réalité de la pandémie et l’ampleur des menaces et conséquences. Vous constaterez que le Cameroun se situe dans la première tranche. La deuxième réalité s’observe entre les pays qui ont décrété un confinement total et général, et ceux qui ne l’on pas fait du tout. Les pays scandinaves par exemple ont refusé le confinement total, les Etats Unis aussi d’ailleurs. Vous savez que TRUMP mettait l’économie en avant. On peut le comprendre, parce qu’il a battit toute sa popularité et son unique argument de campagne sur sa réussite économique. Hélas ! La troisième réalité enfin, concerne les mesures d’accompagnement. Ici, c’est selon la fortune, la richesse, les grands moyens tantôt pour soutenir les familles et les personnes perdant leur emploi, et tantôt pour soutenir les entreprises et éviter des faillites en cascades. A ce propos, j’ai quand même été content de lire que les ministres des finances de la zone CEMAC ont décidé de se concerter pour coordonner leurs réponses aux exigences de stabilisation des grands équilibres macro-économiques et financiers de la sous-région. Il y a enfin, dans la même logique, les apports des institutions financières multilatérales, universelles et régionales.

23 – Justement, à propos des mesures d’accompagnement, que pensez-vous de ce qui est fait au Cameroun ?

ST – Ecoutez, je vous l’ai déjà dit avant. Des choses ont été faites, et on pourrait faire plus ou mieux, mais il faut apprendre à comprendre ce que c’est qu’un gouvernement et des responsabilités régaliennes. Tout ne peut pas se faire tout de suite, et personne ni aucun gouvernement n’est jamais préparé à cent pour cent contre les cataclysmes et toutes sortes de catastrophes. Dans une situation comme celle-ci, on vérifie souvent la réactivité d’abord, et les capacités de réponse concrètes aux préjudices et handicaps qui en résultent après. Il y a une différence entre la conscience et la reconnaissance d’un mal d’une part, et la capacité plus la prédisposition concrète à apporter des solutions d’autre part. Ne mélangeons rien. Passé les premiers moments et les premiers jours, le gouvernement de ce pays s’est rattrapé correctement pour la prise en charge, pour le confinement et pour bien d’autres aspects. Partout à travers le monde, on scrute, on réfléchit, on invente et réinvente des solutions adaptées aux exigences. L’Afrique n’est pas particulière et ne saurait l’être, le Cameroun surtout pas.

24 – Et maintenant Prof, les conséquences sur les relations internationales ? Comment voyez-vous les lendemains ? faut-il avoir peur ou être optimiste ?

ST – La question ne se pose même plus. La crise est massive, générale, impressionnante, déroutante, déconcertante et forcement transformatrice et révolutionnaire. Conséquences, implications, effets réels et potentiels, dommages directs et collatéraux sont et seront d’un niveau imprévisible. Ce n’est pas Hiroshima et Nagasaki, pour évoquer les deux bombes nucléaires américaines sur les deux villes japonaises en 1945, mais c’est monstrueux et terrifiant. Jamais on ne parlera plus de puissance et d’influence de la même façon, et jamais personne ne se projettera sur la scène internationale et dans les rapports diplomatiques avec la même présentation et les mêmes termes langagiers.

25 – Voulez-vous parler du Président Américain Donald TRUMP ?

ST – Effectivement, lui et tout autre leader qui aurait la même étroitesse de vue, de perception du monde et de projection géopolitique et géostratégique. La puissance unique et le retour de l’unilatéralisme ont vécu, et le monde va rentrer dans une ère de reconstruction d’un multilatéralisme que l’administration TRUMP a eu le culot de détruire en moins de quatre années passées à la tête des Etats Unis d’Amérique. Les attentats terroristes du 11 septembre étaient déjà un signal éloquent, mais les Etats Unis n’en n’avaient tiré qu’une leçon d’arrogance et de mensonge pour prioriser leur position et leur leadership impérial dans le monde. On pouvait ainsi mentir ouvertement et publiquement au conseil de sécurité de l’ONU, sur de prétendues armes de destruction massive en Irak. Mais alors, c’était pour aller cette fois, détruire massivement des peuples et relancer des haines entre les nations. Et quand Obama est venu pacifier et réconcilier le monde, TRUMP est arrivé comme un excavateur qui déterre les morts, casse les tombes et écrase les ossements.

Demain, demain, ce sera autrement. Les nations retourneront à des intelligences fertiles, parce que la pandémie aura restitué une relative humilité et raffermit un certain sens de solidarité et de compassion humaine. Pour ceux qui l’auraient oublié ou feint d’oublier, la pandémie confirme la globalisation des échanges et la mondialisation des intérêts, dans une arène marchande planétaire sans frontières. C’est la consécration du destin commun et de la maison commune sur une terre unique, croisé et entrecroisé mais solidement et irrémédiablement soudé.

Savez-vous ce que j’entends à répétition dans les conversations de simples gens ? « Le Coronavirus a vaincu toutes les grands puissances et dépassé toutes les bombes atomiques ». Je vous laisse le soin de méditer cela à votre tour, et nous en reparlerons.

26 – Et la Chine, croyez-vous à cette histoire d’invention du coronavirus pour mettre les autres économies par terre et soumettre la planète entière à sa domination ?

ST – L’histoire de l’humanité depuis les temps reculés est parcouru d’émergences de puissances qui chacune à sa façon, a dominé la scène des rapports entre les nations, influencé le commerce, dicté la conduite diplomatique, orchestré des guerres et généré la configuration géopolitique et géostratégique. La puissance impériale américaine est manifestement dans la courbe de déclin, et il est clair que la Chine est le nouveau centre du monde. L’Europe a vécu, et après une réussite parfaite d’intégration, présente dorénavant des fissures compréhensibles. Dans le même temps, des puissances dites moyennes hier, ou tout simplement régionales et périphériques, émergent soit individuellement, soit en groupe dans le cadre de nouvelles alliances dynamiques à l’instar des BRICS. Rien n’est plus solitaire ni inaccessible à l’instar de la maîtrise du nucléaire, des matières fissiles et des technologies avancées. N’allez pas chercher des explications d’une telle évolution dans le Coronavirus, ce serait faire preuve de malhonnêteté voire d’incompétence analytique, par rapport aux mutations engendrées par la systématisation du perfectionnement et de l’avancement des intelligences, par rapport à la dissémination des connaissances scientifiques.

28 : Le mot de la fin : quel destin politique pour Shanda Tonme au Cameroun ?

ST : Mon destin est déjà écrit, et la carrière d’agent de l’Etat, de diplomate et de travailleur humanitaire est suffisamment éloquente et parlante pour que j’en réclame encore. Si je ferme les yeux aujourd’hui, de ma tombe je dirai que j’ai un parcours dont je suis fier, très fier même, parce que j’ai changé la vie de plein de gens et transformé complètement le destin de nombreux autre en leur redonnant un brin d’espoir. Voilà quel est mon vrai destin, il n’est pas politique, il est social. Et puis, pour quelqu’un qui sort de nulle part, qui a du traversé le désert du Sahara, affronter la mer et passer des nuits sur des cartons glacés dans les stations de métro en plein hiver à Paris, en bouffant aussi les restes de bouts de pain dans les petites poubelles, que dois-je encore demander au seigneur ? Le reste c’est du pur bonus.

Tout ceci me rappelle profondément le témoignage du Gouverneur du Littoral que j’ai écouté presqu’avec des larmes, une grande humilité, une si émouvante reconnaissance des incertitudes et des surprises du destin, mais une grande reconnaissance de la chance d’exister, de respirer, d’être malade et de guérir, mais pardessus tout le sens du servir et du devoir pour le pays, pour la société, pour les autres. Je me suis tellement reconnu dans ses paroles que je fais miennes. C’est un homme extraordinaire.

Je me sens le devoir de réitérer que la transition est enclenchée au Cameroun, que l’on le veuille ou non. Mais ce qui est certain, et c’est la mise en garde que je formule à l’endroit de quelques étourdis et aventuriers inconscients, c’est que cette transition ne passera pas par la violence, elle sera négociée et assumée consensuellement. Le Cameroun n’est ni la Tunisie, ni l’Algérie, ni le Soudan ni l’Egypte. Encore que par expérience, je dois vous dire que les révolutions de rue réelles comme on l’entend dans les schématisations théoriques du droit constitutionnel et de la science politique, procèdent du rêve ancien. Envisager les choses en s’appropriant des captures d’écrans venues d’ailleurs, c’est se fourvoyer mille fois et c’est aller tout droit au suicide. Une étude de terrain sur ces théâtres de mutations récentes, révélerait des surprises déconcertantes et des enseignements éloquents.

Nous sommes un pays trop complexe et difficile, avec une sociologie politique particulière ainsi qu’un ordonnancement des alliances ethno-régionalistes qui ne laissent pas la place aux blagues de la guerre civile. Si on est franchement responsable, on doit méditer sur ce constat que j’estime sans appel./.

Entretien réalisé à Yaoundé, le 11 Avril 2020


Par Yann Gwet

Depuis que la France officielle a conscience d’être une puissance moyenne, sa politique étrangère, notamment africaine, consiste à rassembler et maintenir autour d’elle une coalition d’États mineurs dont elle prétend défendre les intérêts contre les mastodontes de ce monde. C’est comme cela qu’elle espère garder une influence et ralentir un déclin qui apparaît chaque jour plus inéluctable.
Déjà, dans son fameux discours de Phnom Penh en 1966 contre l’intervention américaine au Vietnam, le général de Gaulle incarnait cette ambition de faire de l’Hexagone un État-tampon entre les grands et les petits. Dominique de Villepin, au nom de Jacques Chirac, la prolongeait, en 2003, dans son fameux discours au Conseil de sécurité de l’ONU contre la guerre en Irak.
Ces derniers jours, cette vocation s’incarne par l’activisme affiché par Emmanuel Macron aux côtés de dirigeants africains inquiets des conséquences économiques de la crise du coronavirus. Mais elle s’est aussi illustrée par la publication récente d’une « note diplomatique » du Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS), sorte de think tank interne au ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères.
Une note aux accents apocalyptiques
Intitulée « L’effet pangolin : la tempête qui vient en Afrique ? », cette note aux accents apocalyptiques alerte sur la vulnérabilité des États du continent face au Covid-19, évoquant « un risque de déstabilisation durable », et propose à la France quelques leviers d’action pour gérer la « crise en Afrique ».
Largement diffusée, cette réflexion a irrité de nombreux Africains. C’est vrai qu’après avoir définitivement liquidé l’idée de l’absolue supériorité du modèle occidental, on aurait pu espérer que le coronavirus nous affranchirait, au moins pour un temps, de ce tête-à-tête infructueux entre une France désespérément paternaliste et une Afrique désespérément endormie. Raté.
Mais sur le fond, cette note semble confirmer l’incapacité des stratèges français, alors même que la crise du coronavirus marque la fin d’un monde, à repenser une nouvelle relation avec le continent.
« Du sang, du labeur, des larmes et de la sueur »
Bien sûr, à court et moyen terme, et sur ce point les stratèges du CAPS ont raison, le continent doit se préparer, selon la formule de Churchill, à « du sang, du labeur, des larmes et de la sueur ». Oui, le secteur formel, déjà fragile dans la plupart de nos pays, sera laminé, et le secteur informel, qui est fortement dépendant du secteur formel, en pâtira. Oui, des États déjà fragiles courent un risque élevé d’effondrement. Et donc oui le chaos, sous toutes ses formes, est malheureusement à prévoir.
Mais la vraie question, qui ne semble pas intéresser les analystes du CAPS, est celle du long terme. Après que « autorités religieuses » et « les artistes populaires » désignés ont aidé Paris à combattre les incendies sociaux en Afrique, et que le coronavirus a enterré le monde que l’on connaît, dans quelle position stratégique se trouvera le continent ?
En raison de la profonde impuissance des pays africains, consécutive à nos défaites historiques et à nos échecs contemporains, les conditions d’un relèvement du continent dépendaient de trois facteurs : un bouleversement de l’ordre mondial si profond qu’il remette en question, dans un sens moins défavorable à l’Afrique, l’équilibre des pouvoirs au niveau international ; le déclin des puissances occidentales (notamment de la France dans le cas de l’Afrique francophone) ; et l’émergence concomitante en Afrique d’une génération de leaders capables.
Alors que la crise du coronavirus signe le déclin du monde occidental et confirme la montée en puissance de la Chine, le continent aurait tout à gagner à revoir ses relations avec les États européens, et en particulier avec la France.
Depuis que la France officielle a conscience d’être une puissance moyenne, sa politique étrangère, notamment africaine, consiste à rassembler et maintenir autour d’elle une coalition d’États mineurs dont elle prétend défendre les intérêts contre les mastodontes de ce monde. C’est comme cela qu’elle espère garder une influence et ralentir un déclin qui apparaît chaque jour plus inéluctable.
Déjà, dans son fameux discours de Phnom Penh en 1966 contre l’intervention américaine au Vietnam, le général de Gaulle incarnait cette ambition de faire de l’Hexagone un État-tampon entre les grands et les petits. Dominique de Villepin, au nom de Jacques Chirac, la prolongeait, en 2003, dans son fameux discours au Conseil de sécurité de l’ONU contre la guerre en Irak.
Ces derniers jours, cette vocation s’incarne par l’activisme affiché par Emmanuel Macron aux côtés de dirigeants africains inquiets des conséquences économiques de la crise du coronavirus. Mais elle s’est aussi illustrée par la publication récente d’une « note diplomatique » du Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS), sorte de think tank interne au ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères.
Une note aux accents apocalyptiques
Intitulée « L’effet pangolin : la tempête qui vient en Afrique ? », cette note aux accents apocalyptiques alerte sur la vulnérabilité des États du continent face au Covid-19, évoquant « un risque de déstabilisation durable », et propose à la France quelques leviers d’action pour gérer la « crise en Afrique ».
Largement diffusée, cette réflexion a irrité de nombreux Africains. C’est vrai qu’après avoir définitivement liquidé l’idée de l’absolue supériorité du modèle occidental, on aurait pu espérer que le coronavirus nous affranchirait, au moins pour un temps, de ce tête-à-tête infructueux entre une France désespérément paternaliste et une Afrique désespérément endormie. Raté.
Mais sur le fond, cette note semble confirmer l’incapacité des stratèges français, alors même que la crise du coronavirus marque la fin d’un monde, à repenser une nouvelle relation avec le continent.
« Du sang, du labeur, des larmes et de la sueur »
Bien sûr, à court et moyen terme, et sur ce point les stratèges du CAPS ont raison, le continent doit se préparer, selon la formule de Churchill, à « du sang, du labeur, des larmes et de la sueur ». Oui, le secteur formel, déjà fragile dans la plupart de nos pays, sera laminé, et le secteur informel, qui est fortement dépendant du secteur formel, en pâtira. Oui, des États déjà fragiles courent un risque élevé d’effondrement. Et donc oui le chaos, sous toutes ses formes, est malheureusement à prévoir.
Mais la vraie question, qui ne semble pas intéresser les analystes du CAPS, est celle du long terme. Après que « autorités religieuses » et « les artistes populaires » désignés ont aidé Paris à combattre les incendies sociaux en Afrique, et que le coronavirus a enterré le monde que l’on connaît, dans quelle position stratégique se trouvera le continent ?
En raison de la profonde impuissance des pays africains, consécutive à nos défaites historiques et à nos échecs contemporains, les conditions d’un relèvement du continent dépendaient de trois facteurs : un bouleversement de l’ordre mondial si profond qu’il remette en question, dans un sens moins défavorable à l’Afrique, l’équilibre des pouvoirs au niveau international ; le déclin des puissances occidentales (notamment de la France dans le cas de l’Afrique francophone) ; et l’émergence concomitante en Afrique d’une génération de leaders capables.
La crise devrait accélérer le déclassement d’une civilisation occidentale vieillissante, indolente et inefficace
Je m’étais fait à l’idée que ces conditions hautement improbables ne seraient jamais réunies de mon vivant. Pourtant, et même si rien n’est jamais acquis, la crise du coronavirus, dont l’impact sur le monde sera vraisemblablement celui d’une guerre, devrait accélérer le déclassement d’une civilisation occidentale vieillissante, indolente et inefficace.
La Chine, qui sans avoir tourné la page du coronavirus, est tout de même parvenue à retrouver un rythme d’activité normal, confirme qu’elle a l’ambition, la capacité et les ressources pour façonner un nouvel ordre mondial. Alors que se confirme la perspective d’une crise économique majeure aux États-Unis, le rebond phénoménal de l’activité industrielle chinoise au mois de mars, par rapport à l’effondrement du mois précédent, indique que la Chine pourrait bien se retrouver dans la position des États-Unis au sortir de la seconde guerre mondiale.
La classe moyenne contrainte de s’occuper directement de politique
Quant à l’Afrique, le choc qui s’annonce est particulier dans la mesure où il frappera de plein fouet la petite classe moyenne constituée de jeunes Africains éduqués. Dans le monde d’avant, ouvert et mobile, elle était parvenue à se mettre à l’abri de cette mal-gouvernance qui détruit la vie des plus pauvres. Le monde qui s’ouvre sera moins favorable.
Pour échapper au déclassement dans un contexte international hostile et fermé, elle pourrait bien être contrainte de s’occuper directement de politique, dans un univers qui, démographie oblige, devra composer avec l’Afrique. La réalité est que dans ce paysage mondial en profonde recomposition, l’Afrique francophone aurait tort, selon le mot de Churchill, de « gaspiller une bonne crise ». L’occasion d’écrire une nouvelle page de la relation France-Afrique est trop belle.
Source : Jeune Afrique

Selon le magazine investiraucameroun, le gouvernement camerounais vient de lancer deux avis publics internationaux à manifestation d’intérêt, en vue du recrutement de partenaires privés, pour la réalisation de deux projets autoroutiers dans le pays, entre autre l’autoroute Kribi-Edéa, longue de 92 km sur le mode partenariat public-privé (PPP).

Ce projet d’autoroute est une section de la voie autoroutière reliant les villes de Kribi et d’Edéa en passant par Lolabé. Son coût de réalisation initial estimé à prêt de 500 milliards de FCFA. Cette autoroute est envisagée pour desservir le port en eau profonde de Kribi en le reliant sur l’axe Douala-Edéa-Yaoundé. Sur le plan visuel, l’infrastructure à construire, va se présenter sous la forme d’une voie autoroutière de 2×3 voies directement mises en service, avec une plateforme large de 33.5 m, des bandes d’arrêt de 3 m chacune et un terre-plein central de 3 mètres.

En raison des contraintes qui pèsent sur le finances publiques, la formule du partenariat privé-privé (PPP) peut jouer un rôle de premier plan dans le développement du réseau routier national. Ceci permettrait au secteur privé d’investir dans le développement, la maintenance et l’exploitation de nos routes. Le gouvernement devrait prendre les mesures pour conférer au secteur routier le statut d’industrie, afin de faciliter les emprunts et de réduire les droits de douane sur le matériel de chantier et favoriser l’utilisation, le développement des intrants locaux dans la construction des routes nationales. Cette méthode a fait ses preuves dans les pays asiatiques notamment en Inde et au Vietnam.

Les deux modèles de PPP généralemnt adoptés pour le développement du réseau routier sont le BOT (Bâtir-Opérer-Transférer) de type péage ou le BOT (Built-Operate-Transfer) type versements annuels.

Avec le type péage, le concessionnaire récupère son investissement en percevant un péage auprès des usagers de l’infrastructure routière. Ce modèle réduit la charge budgétaire du gouvernement tout en allouant le risque trafic au concessionnaire. C’est le modèle retenu pour la plupart des projets et il peut être considéré comme le modèle par défaut des projets autoroutiers.

A travers le type versements annuels, le concessionnaire est assuré d’un rendement minimum sur son investissement sous forme de versements annuels. Il n’assume pas le risque trafic et c’est l’État qui supporte intégralement le risque lié aux recettes de péage.

Ce qu’on ne sait pas encore c’est le type de PPP que le gouvernement voudrait privilégier dans la construction de cette route et quand est ce qu’il entend faire démarrer les travaux, lorsqu’on sait que les travaux de construction de cette route ont commencé depuis presque 5 ans, tout en espérant obtenir des partenaires fiables qui accepteraient d’investir dans le développement de ces infrastructures routières sous le modèle PPP.

La construction de ces deux infrastructures permettra d’améliorer la desserte ces deux villes du pays par route, d’une part, et d’autre part de desservir le port en eau profonde de Kribi, officiellement mis en service dans la cité balnéaire de la région du Sud, en mars 2018.

Zachée Dieudonné Mbahal

Ingénieur informaticien de gestion

  1. Amélioration des conditions de vie dans les zones rurales,
  2. éclairage de la ville,
  3. implémentation de la fonction publique locale.

Le nouveau patron de la commune d’arrondissement d’Edéa 1er, Bertrand Missinga, veut réduire l’effectif de sa commune, dans le but de diminuer la dépense de la fonction publique et affecter les sommes générées par ces reductions à la resolution d’autres problèmes de la commune.

«La lutte contre l’insalubrité dans la ville constitue un chantier de taille pour le maire et ses collaborateurs. Si l’action d’HYSACAM est déjà visible et appréciée des populations, il n’en demeure pas moins que certains quartiers plongés dans les broussailles affichent des allures de semi-campagne. L’autre défi à ne pas négliger est celui de l’éclairage public, qui fait cruellement défaut à la ville-lumière. La zone rurale n’est pas mieux lotie. Elle qui fait face à une panoplie de problèmes et dont les regards et espoirs sont tournés vers le nouvel exécutif communal. L’accès à l’eau potable, l’électrification, l’ouverture des pistes agricoles, le renforcement du système éducatif forment autant d’attentes…», rapporte Cameroon Tribune, dans son edition du 1er avril 2020.

Bertrand Missinga pense que pour les 30 villages et quartiers de son arrondissement, un effectif reduit des fonctionnaires de mairie est nécessaire. «A priori, les effectifs que nous trouvons ici ne sont pas tout à fait corrects. Il doit en avoir un peu trop, compte tenu de la taille de la commune…».

En même temps il s’active avec son équipe à multiplier les revenus propres de la commune à travers les impôts et taxes qui, ajoutés au budget de la decentralisation permettra à la commune d’engager les investissement dans les projets bénéfiques pour les populations de la mairie.

Ce sera pour un un investissement de 1700 milliards de FCFA pour un barrage à cheval entre entre les départements de la Sanaga Maritime (Littoral) et du Nyong-et-Kellé (Centre), don’t la mise en service est prevue à l’horizon 2027-2028

«Hydromine, société dite de nationalité américaine, prévoit de boucler le financement du projet hydroélectrique Grand Eweng d’ici à la fin de l’année 2022, selon la mise à jour faite par le directeur général d’Hydromine, Pr Ephraim Ngwafor, dans la presse publique camerounaise le 24 mars. Le début des travaux est prévu en 2023, l’installation des premières machines en 2025 et la mise en service des infrastructures du projet à l’horizon 2027-2028», renseigne le journal Le Jour.

Ce projet envisagé depuis 2005, sera construit sur le fleuve Sanaga, près du village de Kan dans le département de la Sanaga maritime (région du Littoral) et dans le département du Nyong et Kellé (région du Centre).

«Les investissements requis pour le développement du projet sont de l’ordre de 1 700 milliards de FCFA (environ 3 milliards de dollars). Hydromine a signé à la mi-2019, avec le gouvernement et le concessionnaire de la distribution de l’électricité, une lettre d’intention pour le contrat d’achat d’électricité», précise le journal.