Des coupes massives non autorisées sont effectuées dans divers arrondissements, au grand dam des populations riveraines, dont certaines ont décidé de réagir.

En pointes irrégulières, les crêtes du massif forestier se détachent sur la ligne de l’horizon. Le vert foncé de la canopée vigoureuse et pétulante contraste avec le blanc-azur d’un ciel au bleu pâle et aux nuages cotonneux. La vision est idyllique, édénique, paradisiaque. Et quelle que soit la direction dans laquelle le visiteur regarde, il se sent perle dans un écrin émeraude. Nous sommes à Poutkak, village de l’arrondissement de Ngambe, dans la Sanaga-maritime. Et nous sommes également en bout d’illusion : parce que la terre de ce concentré de Mère Nature est lacérée, violée par de vils intérêts. Ceux d’exploitants forestiers illégaux qui sévissent çà et là dans le département, et ce depuis de longs mois.

Les populations riveraines, lésées de plusieurs manières par cette activité, ont commencé à protester, à saisir les autorités, etc. Que ce soit à Poutkak, à Botko, Nsoumè, Bakombè I ou Bakombè II dans l’arrondissement de Ngambè, à Songmbengue ou à Ndogndjie, dans l’arrondissement de Massok-Songloulou… Jeudi 13 août dernier, sur l’initiative du Comité de développement de Ndogmakumak, un voyage de presse étalé sur deux jours a permis à des hommes de médias d’en savoir un peu plus sur le phénomène, ses conséquences et les réactions qu’il suscite.

Aux abords de la résidence du chef de Poutkak, Louis Mahop Ntamack, deux grumiers chargés de billes de bois sont immobilisés devant une barrière de pluie depuis environ deux semaines. Le châssis et les roues sont maculés de boue séchée, indication claire de l’état de la route par laquelle les poids lourds sont passés. Les engins ont été saisis par la commune. Les chauffeurs ne sont plus là, et le seul motor-boy visible ne renseigne pas sur le propriétaire des véhicules. D’ailleurs, les riverains non plus disent ne pas savoir qui sont ces « exploitants illégaux », qui entrent clandestinnement dans les forêts, se servent et s’en vont. A répétition. Un scénario à peine croyable, tant l’aplomb, le culot, l’audace de ces forestiers véreux étonnent. « C’est depuis le mois de janvier 2020 que ces opérations de coupe illégale ont été constatées à Ngambè. La commune n’a été ni informée, ni approchée.

Pareil pour la chefferie », déclare Simon Pierre Bimai, maire de la commune de Ngambè. Un bref coup d’œil sur les billes de bois retenues par des chaînes, et il relève qu’avant ces coupes anarchiques, des exploitants opéraient du côté de Massock-Songloulou, arrondissement voisin. Puis, manifestement, leurs appétits se sont aiguisés pour la forêt d’à côté. « Ils font des incursions sur notre territoire sans que personne n’en parle », déplore le maire Bimai.

Outre la commune, les riverains ont réagi, saisissant notamment la sous-préfecture et la préfecture. Et le comité de développement de Ndogmakumak a constitué un collectif d’avocats pour la sauvegarde des intérêts de la communauté.

Source : autre

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